Et si cette nouvelle de la canne au monogramme n'était pas une invention d'écrivain, mais une troublante coïncidence ... sous le regard de Mérimée ...
les premières lignes de la nouvelle :
Certains penseront sûrement que la démarche est moins plaisante que de chiner, et pourtant, à chaque fois j’y prends un profond plaisir. En effet depuis l’avènement d’Internet, j’utilise le web pour aller à la recherche de tous ces objets monogrammés VD qui sont devenus le cœur de ma collection.
Là, devant la froideur de l’ordinateur, la démarche est simple, il suffit de chercher l’objet. Une fois trouvé et repéré, il ne reste plus qu’à indiquer secrètement le prix que l’on s’est fixé pour l’acheter. Et puis le plus difficile commence, il faut attendre. Il faut attendre la seconde finale afin de savoir si dans les méandres internet, il n’y a pas un autre collectionneur tout autant passionné qui souhaite devenir l’acquéreur.
Cette nuit là, j’avais rencontré un objet qui de suite me passionna. C’était une très belle canne imitant l’écaille de tortue, prolongée par une poignée en corne où avaient été gravées en noir mes deux initiales enlacées. Il était précisé que cette canne avait appartenu à l’écrivain du XIX ème siècle Hector Beaumont. Elle risquait donc d’être vendue très chère. Ce fut en effet le cas, puisqu’elle monta jusqu’à huit cents euros, mais mon assiduité téméraire en fut récompensée. Elle fait désormais partie de mes repères, appuyée négligemment contre le marche pied de ma bibliothèque.
En voyant Florentine Aubert, tout juste âgée de vingt ans, marchant derrière le cercueil de son mari, seulement six mois après leur mariage, beaucoup pensèrent que sa vie était vraiment mal engagée. Ce ne fut pas sa destinée car son caractère et son sens des affaires la prémunirent d’une orientation larmoyante.
Les biens qu’elle reçut pour meubler son veuvage n’étaient pas à priori un héritage de fortune. L’arrivée de lord Brougham changea pourtant considérablement la donne. En quelques années ce bout de terre longeant la Méditerranée devint une ville de prestige. Le chemin côtier permettant de rejoindre la croisette de son calvaire cassé perdit la minuscule de son patronyme pour y gagner une majuscule désormais symbolique d’un des plus beaux boulevards de bord de mer.
Florentine comprit qu’elle ne devait pas laisser passer sa chance. Elle décida de tout capitaliser sur l’emplacement qu’elle possédait. Elle vendit leur maison, mais aussi les bois et les terres qui lui venaient de sa mère. Elle n’en conserva qu’une seule, cette parcelle s’offrant à la Méditerranée. Elle sut de suite comment profiter au mieux de ce lieu d’exception. Elle y construirait un hôtel.
Elle n’avait pas les moyens d’y édifier un palace comme il s’en bâtissait déjà. Tout en prônant l’audace, elle décida de demeurer circonspecte. Son hôtel n’aurait qu’une vingtaine de chambres. Toutes auraient un mobilier et une décoration personnalisés afin qu’elles soient différentes. Elles conviendraient tout autant au client souhaitant retrouver son univers familier qu’à celui recherchant des atmosphères à chaque fois nouvelles.
Elle avait aussi l’ambition de créer une bonne table. Elle voulait pour cela engager un cuisinier sachant préparer les produits d’ici. Elle avait un seul mot d’ordre, l’authenticité, l’authenticité naturelle et simple à une époque ou certains de ses confrères ne cherchaient que complications et falbalas. Elle ouvrit son établissement le 10 novembre 1863, sept mois jour pour jour après que le premier train soit entré en gare de Cannes.




Là, devant la froideur de l’ordinateur, la démarche est simple, il suffit de chercher l’objet. Une fois trouvé et repéré, il ne reste plus qu’à indiquer secrètement le prix que l’on s’est fixé pour l’acheter. Et puis le plus difficile commence, il faut attendre. Il faut attendre la seconde finale afin de savoir si dans les méandres internet, il n’y a pas un autre collectionneur tout autant passionné qui souhaite devenir l’acquéreur.
Cette nuit là, j’avais rencontré un objet qui de suite me passionna. C’était une très belle canne imitant l’écaille de tortue, prolongée par une poignée en corne où avaient été gravées en noir mes deux initiales enlacées. Il était précisé que cette canne avait appartenu à l’écrivain du XIX ème siècle Hector Beaumont. Elle risquait donc d’être vendue très chère. Ce fut en effet le cas, puisqu’elle monta jusqu’à huit cents euros, mais mon assiduité téméraire en fut récompensée. Elle fait désormais partie de mes repères, appuyée négligemment contre le marche pied de ma bibliothèque.
En voyant Florentine Aubert, tout juste âgée de vingt ans, marchant derrière le cercueil de son mari, seulement six mois après leur mariage, beaucoup pensèrent que sa vie était vraiment mal engagée. Ce ne fut pas sa destinée car son caractère et son sens des affaires la prémunirent d’une orientation larmoyante.
Les biens qu’elle reçut pour meubler son veuvage n’étaient pas à priori un héritage de fortune. L’arrivée de lord Brougham changea pourtant considérablement la donne. En quelques années ce bout de terre longeant la Méditerranée devint une ville de prestige. Le chemin côtier permettant de rejoindre la croisette de son calvaire cassé perdit la minuscule de son patronyme pour y gagner une majuscule désormais symbolique d’un des plus beaux boulevards de bord de mer.
Florentine comprit qu’elle ne devait pas laisser passer sa chance. Elle décida de tout capitaliser sur l’emplacement qu’elle possédait. Elle vendit leur maison, mais aussi les bois et les terres qui lui venaient de sa mère. Elle n’en conserva qu’une seule, cette parcelle s’offrant à la Méditerranée. Elle sut de suite comment profiter au mieux de ce lieu d’exception. Elle y construirait un hôtel.
Elle n’avait pas les moyens d’y édifier un palace comme il s’en bâtissait déjà. Tout en prônant l’audace, elle décida de demeurer circonspecte. Son hôtel n’aurait qu’une vingtaine de chambres. Toutes auraient un mobilier et une décoration personnalisés afin qu’elles soient différentes. Elles conviendraient tout autant au client souhaitant retrouver son univers familier qu’à celui recherchant des atmosphères à chaque fois nouvelles.
Elle avait aussi l’ambition de créer une bonne table. Elle voulait pour cela engager un cuisinier sachant préparer les produits d’ici. Elle avait un seul mot d’ordre, l’authenticité, l’authenticité naturelle et simple à une époque ou certains de ses confrères ne cherchaient que complications et falbalas. Elle ouvrit son établissement le 10 novembre 1863, sept mois jour pour jour après que le premier train soit entré en gare de Cannes.

